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Le véganisme est-il dangereux pour bébé ? Quid de l’apport en vitamine B12 ?

Le véganisme est-il dangereux pour bébé Quid de l’apport en vitamine B12
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Le véganisme compte aujourd’hui de plus en plus d’adeptes et, bien entendu, parmi eux il y a des mères ou des futures mamans qui, naturellement, ne souhaitent que du bien pour leurs enfants. Cependant, lorsqu’on choisit un mode d’alimentation excluant toute consommation d’origine animale, on peut craindre le risque de carence en vitamine B12 chez l’enfant. Mais cette vitamine est-elle vraiment indispensable ?

Il est à savoir que la vitamine B12 joue un rôle crucial dans le développement de l’organisme en général, du système nerveux et du cerveau. En outre, bébé en a besoin pour une bonne croissance aussi bien physique que mentale. La mauvaise nouvelle pour les végans est que cette vitamine est quasiment inexistante dans les végétaux. On la retrouve dans les aliments d’origine animale comme la viande, le poisson, les œufs, les produits laitiers, etc. Ainsi, la question est de savoir si le véganisme est compatible avec le fait d‘être maman. Autrement dit, doit-on mettre de côté ses principes une fois qu’on est mère pour que bébé puisse grandir comme il faut ? Découvrez les réponses dans cet article.

Quels sont les risques pour l’enfant ?

Bien que la vitamine B12 soit celle qui demande le plus petit apport journalier (AJR), elle n’en est pas moins importante et une carence peut avoir des conséquences graves. Chez le nourrisson, une carence peut provoquer et des retards de croissance. L’enfant ressentira des vertiges et connaitra des périodes de fatigue ou de perte de cheveux.

Par ailleurs, une étude s’intéressant aux nouveau-nés et aux jeunes enfants a démontré qu’un manque de vitamine B12 peut également entrainer une anémie sévère. Dans les cas les plus graves, l’enfant peut être atteint de dommages neurologiques irréparables.

Des symptômes qui ne sont pas toujours visibles

Fourmillement, engourdissement, les premiers signes semblent anodins qu’on n’y prête pas toujours attention. Ce sera alors tardivement qu’on commence à se rendre d’une carence installée de longue date. Il faut comprendre que les personnes n’ont pas toutes les mêmes capacités d’assimilation ni les mêmes capacités de réserve ni encore la même définition du végétalisme. L’unique façon de savoir si une personne est en carence ou pas est de réaliser un test en laboratoire d’analyse.

Le lait maternel ne suffit-il pas ?

Le véganisme est-il dangereux pour bébé Quid de l’apport en vitamine B12 (Bien que bébé soit allaité exclusivement au sein, il ne sera pas pour autant à l’abri d’une carence. En effet, malgré le fait que le lait maternel renferme tous les nutriments dont le nourrisson a besoin, la carence peut provenir d’une mère végétalienne qui en se privant d’aliments d’origine animale prive également son bébé de cette fameuse vitamine vitale pour sa croissance et sa santé.

En outre, cette vitamine est indispensable aussi bien pour bébé que pour la maman lors de sa grossesse et pendant l’allaitement. Alors, que faire pour les mamans et futures mamans qui ne peuvent vraiment pas consommer d’aliments d’origine animale et encore moins en donner à leurs enfants ?

Des compléments alimentaires pour un développement normal

Nombreuses sont les causes d’une carence en vitamine B12, mais la principale responsable reste la malnutrition. Si avec une alimentation bien équilibrée (végétale et animale) vous permettez à votre organisme de disposer d’au moins un an de réserve en vitamine B12, les végans devront avoir recours à d’autres solutions pour bénéficier de ce nutriment indispensable : les compléments alimentaires. Grâce à ces derniers, il sera tout à fait possible pour un enfant végan d’avoir un développement normal.

Comment en donner à son enfant ?

De 0 à 6 mois, le lait maternel devrait fournir la vitamine B12 nécessaire à bébé.  La mère qui est la pourvoyeuse de cette vitamine doit de ce fait veiller à en consommer suffisamment, et se supplémenter en cas de végétarisme ou de végétalisme. Et si pour être sûr vous préférez donner des compléments de la B12 à votre enfant dès sa naissance, cela peut se faire même si en théorie ce n’est pas nécessaire.

Les laits infantiles, quant à eux, sont supplémentés en cette vitamine. D’ailleurs, en jetant un coup d‘œil au dos de la boite vous trouverez qu’ils contiennent de la B12.

La question de supplémentation directe de votre enfant se pose surtout au moment de la diversification lorsqu’il diminue sa consommation de lait au profit d’autres aliments et notamment si vous lui imposez un régime végétarien.

Quant est-il du dosage ?

Il est à savoir qu’il n’existe pas de dose limite de sécurité en ce qui concerne la consommation de B12. En d’autres termes, il n’y a pas de danger à en prendre beaucoup.  Le surplus sera simplement éliminé par le corps. Les apports minimums recommandés, quant à eux, sont à respecter. Ainsi, si vous en prenez régulièrement, la quantité à ingérer peut être réduite et dans le cas où vous espacez les prises, la dose à prendre sera importante.

Concrètement pour garantir un apport satisfaisant en B12, il est recommandé pour un adulte ou une mère allaitante d’ingérer trois fois par jour 1 microgramme de cette vitamine ou 10 microgrammes une fois par jour ou encore 2000 microgrammes une fois par semaine. Pour les nourrissons à partir de la diversification (6 mois à 24 mois), il faudra diviser la dose par quatre, par deux pour les enfants de 2 à 12 ans et une dose pour adulte aux enfants de plus de 12 ans.

Quelle forme de complément choisir pour son enfant ?

Tout comme la vitamine C, la vitamine B12 peut se présenter sous diverses formes : comprimés, gélules ou ampoules. Associée à d’autres vitamines B, de la B12 sous forme liquide s’avère pratique pour les enfants. Si votre enfant est en âge de bien mâcher, sachez qu’il existe même des bonbons multivitaminés à la B12 comme ceux de la marque Gummi King. Ces bonbons sont végétaliens et certifiés végans par Vegan Action. Néanmoins, la cyanocobalamine reste la forme de vitamine B12 la plus étudiée, la plus stable et elle est peu coûteuse. Vous pouvez facilement en trouver en magasins bio, sur les boutiques en ligne et en pharmacie sans ordonnance.

Parmi les compléments alimentaires les plus complets formulés pour les végétaliens, il y a la marque Veg 1, un produit proposé par l’association britannique The Vegan Society qui en plus de contenir de la B12 comporte également des vitamines D, B2, B6, de l’iode, de l’acide folique et du sélénium.

Comment savoir si ces suppléments sont végétaliens ?

Provenant d’une culture bactérienne, la vitamine B12 est conçue à partir de nutriments censés être d’origine purement végétale. Cependant, il arrive qu’elle provienne d’abats animaux ce qui, en plus d’aller à l’encontre des principes végans, n’est pas une méthode de production utilisée pour la production industrielle moderne. Il est donc recommandé aux individus suivant un régime végan de bien lire l’emballage en veillant à ce que celui-ci n’indique la présence d’aucun adjuvant qui soit non végétaliens (lactose ou certaines gélatines). Néanmoins, outre les suppléments, la vitamine B12 est largement disponible via des aliments enrichis.

Quels aliments naturels comportent de la cobalamine ?

Si vous souhaitez ne vous nourrir que d’aliments naturels pour bénéficier de  la vitamine B12, on en trouve dans les produits animaux comme la viande le poisson le lait ou encore les œufs. Or, si vous êtes végétariens, votre seule source de cobalamine proviendra des produits laitiers dont la teneur en B12 est variable. Le camembert, l’emmental, le gouda sont, entre autres, les aliments qui contiennent le plus de vitamine B12. En revanche, on en trouve peu dans le lait et le yaourt. Par conséquent, 10 % des végétariens sont carencés et environ 15 % supplémentaires s’approchent de la carence en réduisant leur consommation de produits laitiers. Ainsi, les végétariens devraient se complémenter en vitamine B12, au même titre que les végétaliens.

Est-il possible d’en trouver dans les légumes ?

Jusqu’à ce jour, aucun légume pouvant produire une quantité de vitamine B12 n’en vaut la peine d’être mentionné. Toutefois, une étude en laboratoire a pu démontrer que des plantes pouvaient absorber de la cobalamine en les aspergeant d’une solution très concentrée en vitamine B12 ou en les fertilisant avec un engrais très riche en bactéries productrices de cobalamine.

En attendant, il est possible pour les végans d’opter pour les aliments fortifiés en vitamine B12, une forme hybride de suppléments alimentaires. On les trouve souvent dans les céréales et produits à base de soja comme le lait de soja, les yaourts au soja, certains desserts au soja, jus, substituts à la viande, extraits de levures et de nombreuses boissons énergisantes.

Cependant, avec ces sources, il est difficile de mesurer l’adéquation des apports aux besoins quotidiens. Cela peut également encourager la consommation de produits transformés. Néanmoins, il est à savoir qu’ne directive européenne interdit la fortification des  aliments issus de la filière biologique. Seuls les aliments issus de l’agriculture conventionnelle peuvent être fortifiés pour le grand bonheur des personnes suivant un régime végétalien ou végétarien qui sont des consommateurs exclusifs de produits bios.

En outre, jusqu’à ce qu’un panel plus large d’aliments soit enrichi en vitamine B12 en, la supplémentation reste la solution la plus adaptée.

Et dans la spiruline, la chlorelle ou les algues nori ?

Ces produits sont très souvent présentés comme des sources de vitamine B12 et pourtant ils sont peu recommandables. En effet, malgré le fait qu’elle en contienne, des études montrent que la spiruline et fonctionne pas comme source de B12 sur l’espèce humaine. Pareil pour les algues de nori, ces dernières contiennent des molécules très similaires à la B12. Elles ne possèdent pas pour autant les propriétés vitaminiques et qui sont même soupçonnées de gêner l’absorption ou le métabolisme de la véritable B12. La chlorelle, quant à elle, peut ne contenir aucune B12.

En outre, ces produits ne peuvent en aucun cas constituer une source fiable dans le cadre d’une alimentation végétale, pour laquelle on doit pouvoir garantir les apports.

Et pourquoi ne pas manger de la terre ?

Il est à savoir que la terre se trouvant à la surface de la peau des légumes crus peut également contenir de la vitamine B12 comme le cas d’une carotte ou de la pomme de terre  fraichement déracinée. Seulement, on est habitué à nettoyer les légumes avant de les consommer pour des raisons évidentes. Par conséquent, cette option n’est pas fiable non plus d’autant plus que les champs cultivés de façon industrielle sont en général traités avec des biocides qui ont pour action d’endommager l’humus empêchant à la cobalamine de survivre. Conclusion, il est plus sage de toujours laver les légumes avant de les consommer afin d’éviter d’absorber ces produits chimiques extrêmement toxiques.

Faut-il s’inquiéter pour les végans et végétariens ?

Le débat actuel est de savoir si les personnes suivant un régime végan ou végétarien souffrent plus de carences que les individus omnivores. L’argumentation de la population végane s’appuie sur des statistiques montrant un nombre de patients omnivores souffrant de carences largement supérieur au nombre de végans dans cette situation. Seulement, étant donné qu’il n’y a que 0,1 à 0,2 %  de la population qui suit un régime végan, en valeur absolue cette dangereuse carence touche plus les végétaliens et les végétariens.

Ainsi, près de 7 % de l’ensemble de la population souffrirait de carences en vitamine B12 dont 60 à 90 % seraient des végétaliens. Bien que les chiffres puissent varier d’une étude à l’autre, les résultats concordent tous sur le fait que les végétaliens sont une population fortement à risque et le constat est le même dans les études conduites au sein des cercles défendant les valeurs végétaliennes.

Les végétariens font également partie du groupe fortement à risque si on se fie aux chiffres. En effet, 20 à 70 % des végétariens souffrent de carence en vitamine B12, ce qui en moyenne représente près de la moitié de la population végétarienne.

Alors faut-il s’inquiéter ? Il est surtout question de sensibiliser les végétariens et végétaliens à rester attentifs sur leurs apports et niveau de vitamine B12. Être végan et être maman n’est pas incompatible en faisant attention à son niveau de vitamine B12 et de fer afin de détecter toute carence à temps et la traiter.

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