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L’accouchement dans l’eau présente-t-il un risque pour le bébé ?

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Depuis les premières expériences du célèbre chirurgien et obstétricien français Michel Odent, la pratique de l’accouchement dans l’eau connaît, ces dernières années, un regain de popularité. Ceci particulièrement en raison de sa réputation de soulager la douleur du travail et de permettre au nouveau-né une entrée plus dans douce dans le monde. Mais cela ne présente-t-il pas un risque pour le bébé ?

L’accouchement dans l’eau

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un procédé permettant à une femme à terme de donner naissance tout en étant en immersion dans un “réservoir” d’eau.
Cette méthode est selon les scientifiques une réponse aux différentes difficultés que rencontrent certaines femmes au moment d’accoucher.

Quels sont les avantages ?

Pour la femme, l’accouchement dans l’eau permettra essentiellement de profiter d’un effet adoucissant. Pour le bébé, ce type d’accouchement s’avère être moins heurtant. Donner naissance dans de l’eau nécessite lors de la phase des contractions une baignoire de naissance dans laquelle sera immergée la femme en travail. Cette baignoire est à différencier d’une baignoire pour bébé classique qui sert plutôt à la toilette quotidienne du nouveau-né.

Au moment de l’étape de dilatation connue pour être l’une des plus sensibles, la méthode de l’accouchement dans l’eau permet justement d’accélérer cette dernière. Ainsi, en se basant sur le score d’Apgar, des études ont montré que la santé des enfants nés dans de l’eau est la même que celle de ceux nés conventionnellement. La méthode réduit également le risque de dystocie des épaules, de transfert en soins intensifs ou d’infection. Un autre avantage est que l’accouchement dans l’eau permet d’éviter au maximum les risques de douleurs respiratoires et d’hypothermies à la naissance.

Si le « réflexe d’apnée » ne vous évoque rien, sachez qu’il s’agit de la faculté qui empêche le nouveau-né de se noyer une fois expulsé dans l’eau. Afin que ce réflexe se déclenche au moment opportun, la sage-femme se chargera de briefer la mère sur la posture à adopter jusqu’à ce que le bébé soit complètement sorti.

Pour qu’un accouchement dans l’eau se déroule sans complications, le personnel médical est tenu de :

  • veiller au maintien d’une parfaite hygiène en nettoyant méticuleusement la baignoire de naissance dans le but de réduire au maximum les possibilités d’infections
  • réguler en continu la température de l’eau afin qu’elle soit la même du début à la fin du procédé
  • être en connaissance des différentes procédures à suivre en cas d’éventuelles complications.

Existe-t-il un quelconque risque pour le bébé ?

Thèse mise en évidence par une équipe d’experts américains, l’accouchement dans l’eau pourrait comporter des risques pour la santé des bébés. En cas de mauvaise hygiène de la baignoire de naissance et d’invasion de bactéries, le nouveau-né est exposé à des risques d’infection et des difficultés respiratoires.

Selon le Dr Jeffrey Ecker de l’Université d’Harvard, l’accouchement en immersion permet certes d’amoindrir la douleur du travail et la venue au monde du bébé en douceur, mais il présente un vrai danger pour le bébé. Il s’agit principalement des risques d’infection (dus aux saignements graves et à la saleté de l’eau) de noyade et même de difficultés respiratoires. Ses travaux sur le sujet ont dévoilé que 12 % des bébés nés par accouchement dans l’eau ont fait l’objet d’un transfert d’urgence en pédiatrie pour divers soins.

À ses faits sus mentionnés, on ajoute des réactions indésirables rares, pénibles pour le nouveau-né. En fonction de cela, la faisabilité de l’immersion à l’étape de la dilatation du col doit être considérée comme une méthode expérimentale. Elle ne devrait être utilisée que dans un cadre médical au sein d’une clinique conçue selon les normes et avec l’approbation des parents.

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