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Tour d’horizon sur la bronchiolite du bébé !

Bronchiolite du bébé : symptômes, traitement, prévention
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Qu’est-ce que la bronchiolite ? Comment la reconnaitre ? Nécessite-t-elle une hospitalisation ? Comment prévenir cette maladie ? Découvrez notre dossier spécial dédié à la bronchiolite !

Votre bébé semble avoir un rhume ou de la fièvre. Et qui plus est, il présente quelques difficultés à respirer. Comme 25 % des nourrissons entre 2 et 8 mois, votre enfant peut-être sujet à la bronchiolite, une inflammation des bronchioles causée par le VRS. Très contagieuse, cette infection virale est particulièrement redoutée des parents.

Si cette maladie peut faire peur à priori, sachez qu’elle ne requiert pas, dans la majorité des cas, une hospitalisation du bébé. En effet, la bronchiolite s’estompe au bout d’une semaine (ou plus) environ.

Cependant, au regard des risques de surinfection qui peuvent se présenter, il est déconseillé de prendre la bronchiolite à la légère. Raison pour laquelle il existe quelques bonnes pratiques pour le prévenir.

Envie de tout savoir sur la bronchiolite ? Tour d’horizon sur cette infection virale, ses symptômes et ses traitements !

Définition de la maladie

La bronchiolite, broncho-alvéolite dans le jargon médical, est une inflammation aiguë des bronchioles qui sont des voies respiratoires inférieures basses. Cette maladie touche fréquemment les enfants de moins de 2 ans, avec un pic chez les nourrissons de 2 à 8 mois. Principalement actif en saison froide (durant l’automne-hiver), le virus respiratoire syncytial ou VRS est la principale cause de détresse respiratoire grave et des infections pulmonaires virales chez les enfants, notamment à cause de son haut niveau de contagiosité.

Bon à savoir : les nourrissons qui sont atteints de bronchiolite peuvent récidiver.

La causalité de cette maladie est virale (virus respiratoire syncytial) dans la majorité des cas, mais peut être parasitaire ou bien bactérienne.

Mode de transmission

La transmission de la bronchiolite se fait par voie respiratoire de manière directe via les gouttelettes diffusées lors de la toux ou des éternuements. Elle peut également s’effectuer de façon indirecte par les mains, les objets, les vêtements ou les surfaces sur lesquels le VRS peut survivre pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Bon à savoir : le Virus Respiratoire Syncitial peut survivre 30 minutes à l’air libre sur la peau, environ 7 heures sur des vêtements ou n’importe quel linge et plusieurs jours sur des surfaces lisses comme les vitres.

L’incubation du virus se situe entre 2 à 8 jours. Avant de gagner les bronchioles, celui-ci se propage dans la cavité nasale. Le virus déclenche ensuite une inflammation au niveau des bronchioles et augmente la quantité de sécrétions responsables des problèmes d’obstruction chez le nourrisson. Outre le Virus Respiratoire Syncitial, d’autres germes pathogènes comme les Rhinovirus et les Adénovirus peuvent également être décelés lors d’un examen chez le médecin.

Quels sont les sujets à risque ?

Les principales victimes du VRS sont les enfants de moins de 2 ans. Néanmoins, certains d’entre eux sont plus enclins à contracter facilement la bronchiolite. C’est notamment le cas :

  • Des enfants avec des antécédents familiaux de maladie cardiaque ou d’asthme bronchique,
  • Des bébés de moins de 6 semaines,
  • Des bébés prématurés,
  • Des enfants atteints de mucoviscidose et de bronchodysplasie.

Mais pourquoi le VRS ne s’attaque-t-il qu’aux nourrissons ?

Dans l’Hexagone, plus de 450 000 nourrissons de moins de 2 ans sont atteints de bronchiolite. Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’hôpital Bicêtre AP-HP et du CNRS ont trouvé pourquoi le Virus Respiratoire Syncitial ne s’attaque qu’aux enfants.

D’après les chercheurs, les nourrissons renferment des cellules immunitaires de type lymphocytes B qui sont particulièrement appréciés de la bronchiolite. Raison pour laquelle cette maladie des voies respiratoires touche spécialement les enfants en bas âge.

Les symptômes cliniques

Bronchiolite du bébé : symptômes, traitement, préventionLa bronchiolite se caractérise pour commencer par un simple rhume ou une rhinopharyngite. Le bébé présente ensuite des difficultés à respirer (ou dyspnée) et fait l’objet d’une augmentation de la fréquence respiratoire (nombre d’inspiration et expiration/minute). Un nourrisson qui contracte le VRS (virus respiratoire syncytial) souffre également de quintes de toux et de sifflements, ce qui a pour conséquence un manque d’appétit chez le petit.

Malgré l’apparition de ces divers symptômes qui peuvent paraitre inquiétants, la bronchiolite est une maladie bénigne, c’est-à-dire sans gravité.

Dans la majorité des cas, la bronchiolite ne nécessite pas une hospitalisation de l’enfant. Néanmoins, une intervention clinique s’avère indispensable dans les cas suivant :

  • Une aggravation de la santé de l’enfant,
  • Une apparition d’apnée,
  • Une polypnée (cycle de respiration inspiration/expiration par minute) supérieure à 60,
  • L’âge de l’enfant n’excède pas encore les 5 semaines,
  • Le nourrisson est prématuré (en dessous des 34 semaines d’aménorrhée),
  • Une pathologie pulmonaire grave,
  • Une apparition de troubles digestifs,
  • Une perte de poids et une fièvre importante,
  • Une déshydratation notable.

Si l’un des cas cités ci-dessus se présente, cela relève d’une urgence. N’hésitez pas donc à conduire votre enfant à l’hôpital ou appeler le SAMU (15 ou 112).

Le diagnostic de l’infection

Vous connaissez désormais toutes les symptômes de la bronchiolite. Sachez toutefois que cette maladie ne relève pas de l’automédication. Ainsi, si ces signes symptomatiques apparaissent, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé, idéalement un médecin ou un pédiatre.

Lors de l’examen, le médecin passe au peigne fin les symptômes de l’enfant pour savoir s’il s’agit de bronchiolite ou pas. Si c’est le cas, il pourra entendre quelques râles disséminés ainsi que des sifflements lors de l’auscultation pulmonaire.

L’enfant peut également faire l’objet d’une radiographie pulmonaire qui a pour objectif de montrer l’état des poumons, du diaphragme et des côtes. Toutefois, cette exploration radiologique n’est pas nécessaire s’il s’agit d’un premier cas de bronchiolite sans complication.

Après consultation, le médecin ou le pédiatre décidera si oui ou non votre enfant doit être hospitalisé. Néanmoins, nul besoin de s’inquiéter, car l’hospitalisation sert juste à surveiller l’état de respiration de bébé, surtout s’il n’excède pas encore les 5 semaines. Cette mesure de précaution consiste à mettre en place quelques mesures d’assistance respiratoire, de réanimation et autres soins pour s’assurer de l’état de santé de votre bout’chou.

Qu’en est-il du traitement ?

Si le cas de bronchiolite est avéré, le médecin prescrira le traitement du catarrhe ORL initial qui est une médecine symptomatique. Cette dernière consiste à :

  • Désobstruer le nez de l’enfant avec du sérum physiologique avant les repas et les siestes,
  • Aspirer les sécrétions nasales,
  • Désinfecter le rhino-pharynx,
  • Hydrater bébé avec de l’eau pour simplifier la fluidité des sécrétions,
  • Fractionner les repas.

Le médecin conseillera également aux parents de mettre l’enfant en position proclive à 30 ° lorsqu’il se couche.

Dans le cas d’asthme du nourrisson, des corticoïdes peuvent être prescrits. Si par contre, il s’agit d’une surinfection, le médecin recommandera des antibiotiques ainsi que des séances d’aérosols.

Bon à savoir : Les antitussifs (sirops ou autres préparations qui empêchent l’enfant de tousser) sont déconseillés dans le cas de bronchiolite. La toux grasse ne doit pas être freinée, car elle permet d’évacuer facilement les sécrétions des bronches.

Si ces divers traitements n’offrent aucune amélioration, une hospitalisation sera alors indispensable.

Que comporte le traitement hospitalier ?

Si au premier abord la bronchiolite ne relève pas de l’urgence, certains cas exigent une intervention à l’hôpital. Le traitement hospitalier comporte notamment :

  • L’inhalation de l’enfant avec de l’air humidifié,
  • L’utilisation d’aérosols d’oxygène avec des corticoïdes, des broncho-dilatateurs (Ventoline) et des agents mouillants,
  • L’alimentation parentérale/Gavage gastrique (inverse de l’alimentation per os),
  • Le traitement par antibiotique pour éviter la surinfection pulmonaire,
  • Le traitement postural : le médecin installera l’enfant en position semi-assise,
  • La ventilation assistée : Cette opération est indispensable après une intubation de la trachée.

Bon à savoir : le recours aux aérosols (broncho-dilatateurs et corticoïdes) n’est pas obligatoire en cas de premier épisode de bronchiolite. Idem pour les antitussifs, les mucorégulateurs ou les mucolytiques (expectorants, fluidifiants bronchiques…).

Bon à savoir : 5 % des nourrissons succombent à la bronchiolite chaque année à la suite de complications : surinfection bactérienne, insuffisance cardiaque, pneumothorax. Raison pour laquelle il est indispensable de consulter un professionnel de la santé dans le cas où l’un des symptômes apparaît.

La kinésithérapie : une alternative de choix

La kinésithérapie respiratoire se positionne aujourd’hui comme l’alternative idéale pour venir à bout de la bronchiolite. Ce traitement vise à évacuer les sécrétions bronchiques que bébé n’arrive pas à expectorer. Il est particulièrement indiqué chez les enfants sujets à une bronchiolite encombrante et qui disposent de bronches étroites.

Modus opérandi : le kinésithérapeute réalise des mouvements de massage sur l’abdomen et le thorax de l’enfant lorsqu’il expire. Ce geste permettra une remontée des sécrétions bronchiques vers la bouche de bébé qui va ensuite les expectorer.

Si en amont les mouvements de massage peuvent paraitre pénibles et douloureux, ils sont en réalité indolores et présentent une grande efficacité pour désencombrer les voies aériennes de votre enfant. Puisque la cage thoracique d’un enfant est encore très souple, la remontée des sécrétions se fera avec facilité. Grâce aux mouvements du kinésithérapeute, bébé sera ainsi obligé de cracher les glaires. On parle alors de flux expiratoire forcé.

Bon à savoir : La kinésithérapie respiratoire est aujourd’hui la méthode la plus efficace pour améliorer l’état de l’enfant. Néanmoins, son utilisation n’est pas systématique. Et pour cause, ce traitement n’est obligatoire que lorsque le médecin le prescrit.

L’évolution de la maladie

Généralement, l’organisme du bébé vient à bout du VRS au bout de 3 à 7 jours. Cependant, cette durée peut aller jusqu’à 1 mois. Après élimination du virus, une toux résiduelle peut subsister pendant 2 à 3 semaines. Durant les deux premières années de l’enfant, quelques périodes de récidives peuvent arriver inopinément.

Bon à savoir : Si ces divers symptômes apparaissent encore à partir de la 3e année de l’enfant, c’est qu’il ne s’agit plus de bronchiolite. Dans ce cas-là, l’enfant peut-être sujet à l’asthme du nourrisson.

Comment prévenir cette affection ?

La prévention reste aujourd’hui le meilleur moyen pour lutter contre la bronchiolite, car une fois que l’affection prend de l’ampleur, la santé de bébé risque d’en pâtir.

Cette prévention associe avant tout une limitation des risques de contagion et une vigilance accrue des parents. Car dites-vous qu’un nourrisson de moins de 2 ans a 75 % de chance de contracter la bronchiolite. Ainsi, voici quelques conseils à suivre pour prévenir au maximum cette affection :

  • Pensez à aérer régulièrement la chambre de votre bébé et maintenez une température ambiante de 18 °C.
  • Évitez à tout prix le tabagisme à proximité de votre bébé ou dans une pièce qu’il fréquente.
  • Lavez-vous les mains avant que vous vous occupiez de votre bébé.
  • Portez un masque chirurgical (en vente en pharmacie) si vous attrapez le rhume. Cela évitera une éventuelle contamination du bébé.
  • Évitez d’emmener votre enfant dans des lieux publics (Centre commercial, transport en commun…).
  • Nettoyez chaque jour les biberons, les jouets, les tétines et autres objets avec lesquels bébé est en contact.

Le réseau Bronchiolite en France

Parce que la bronchiolite est un grand problème de santé publique, un groupe de médecins a créé une association appelée les Réseaux bronchiolite (ARB), disséminée partout en France. Cette organisation a pour objectif de porter secours aux parents dont les enfants souffrent de bronchiolite. Avec des réseaux présents aux 4 coins de l’Hexagone, elle œuvre surtout lors de la période endémique, c’est-à-dire entre les mois d’octobre et d’avril.

Ils vous mettront en contact avec des médecins et des kinésithérapeutes proches de chez vous, et ce, 7 j/7. Pour ce faire, chaque réseau met à disposition des parents des numéros qu’ils pourront contacter en cas de besoin ou d’urgence.

Vous l’aurez compris, la bronchiolite est devenue un problème de santé publique en France. En effet, cette maladie est aujourd’hui la principale cause des admissions à l’hôpital des enfants durant l’hiver et l’automne. En effet, elle occasionne de nombreux soucis de logistique, génère des dépenses supplémentaires (médicaments, matériel médical, infirmières…) et amène des problèmes d’accueil durant cette période. Heureusement, vous connaissez désormais toutes les conseils pour la prévenir et en venir à bout. Mais quoi qu’il en soit, évitez à tout prix l’automédication qui pourrait nuire à la santé de votre enfant. Rien ne vaut la consultation chez un professionnel de la santé !

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